Author: Ludi Vojago

Ludi Vojago : suite… et fin

Bonjour à tous !

Voici maintenant 1 an que le voyage a commencé. Le 1er septembre 2014, je m’embarquais sur les routes de France en direction d’Auxerre pour un voyage de presque 4 mois autour de l’Europe. Aujourd’hui, 1er septembre 2015, il est temps de clôturer en bonne et due forme le projet Ludi Vojago !

Clôturer ? Le projet n’est même pas fini !

Ludi Vojago était initialement conçu pour être un voyage de 6 mois au travers d’une douzaine de pays. Après 4 mois de voyage et 8 pays traversés, le projet semble donc être arrivé aux deux tiers. Alors, pourquoi parler d’arrêt maintenant ? Permettez moi de détailler les raisons de ce choix…

* L’impression d’être arrivé au bout du chemin

Alors… oui, je n’ai pas été au bout du chemin européen comme ce que j’avais prévu. Cependant, en 4 mois, j’ai animé plus d’une quinzaine d’ateliers, dormi dans plus d’une trentaine de lieux différents, pris un très grand nombre de transports hétéroclites et beaucoup d’autres joyeusetés.

Certes, un voyage est une somme toujours enrichie d’expériences intéressantes et j’aurais pris beaucoup de plaisir à continuer ma route quelques semaines supplémentaires. Je me faisais d’ailleurs une joie de visiter les pays des Balkans qui me sont encore totalement inconnus.

Mais d’un point de vue de l’expérience de ce projet précis, je ne pense pas que les deux mois aient apporté beaucoup à mes réflexions. J’ai déjà accumulé une large somme de choses à partager et j’ai désormais besoin de digérer ces acquis pour éviter le gavage.

Le plus gros souci pourrait alors venir du contrat de découverte inter-culturelle du projet. Comment les gens jouent-ils au travers de l’Europe et comment conçoivent-ils des jeux ? Malheureusement, de ce point de vue là, Ludi Vojago était trop ambitieux. En restant quelques jours dans un lieu, il m’était impossible de déduire des résultats clairs quant à l’influence culturelle d’un pays particulier.

Il n’empêche que les constatations que j’ai pu faire durant mon voyage et que je vous ai documenté sur ce blog étaient fort intéressantes, mais la faiblesse de l’apport reste un peu frustrante.

* Une coupure de retour enlisante

Repartir après mon retour n’était pas aussi facile que prévu. Mon projet était de rester deux semaines pour repartir début janvier. Puis, finalement, repartir en avril pour digérer une première partie de mon voyage. Puis ne pas repartir du tout…

On s’habitue au voyage, à l’improvisation, un peu à l’inconfort aussi… tant qu’on est dans le rythme. Perdez le rythme et la reprise se profile, pas toujours évidente. Après 4 mois de voyage, je revoyais mes amis, ma famille, ma petite amie, mon canapé… repartir pour 2 mois semblait soudainement plus compliqué.

Même si cette raison ne me semble pas capitale, elle a forcément contribué dans ma prise de décision.

Un chat dort sur le dos du canapé

Vous voyez l’idée.

* Une envie d’aller plus loin dans la pratique des ateliers

Cette dernière raison est la plus importante des trois.

Au retour de mon périple, je me suis rendu compte qu’il existait des contextes dans lesquels les ateliers de création de jeux de société étaient véritablement appréciés, tout particulièrement dans les écoles.

J’appréciais les ateliers et le moment de partage qu’ils induisaient. Quelque soient les participants, on s’amusait bien, et j’avais l’impression d’avoir transmis un petit quelque chose à l’assemblée – une satisfaction réelle. Au fur et à mesure, le voyage en lui-même me paraissait de plus en plus anodin, comme si le lieu n’importait plus.

J’aurais pu alors continuer mon voyage en augmentant le nombre d’ateliers… mais préparer une série d’ateliers itinérants n’est pas chose aidée. Il faut prévoir de la prospection, un argumentaire commercial (même pour un atelier gratuit), de l’organisation logistique liée aux contraintes du voyage… bref, un panel de compétences que j’ai certes pu acquérir sur le tas, mais qui gagneraient à être rendues plus solides, le tout avec une contrainte financière qui ne rendait pas la démarche pérenne. Qui plus est, ces ateliers avaient besoin d’être retravaillés, améliorés en permanence, pas uniquement sur 2 mois de voyage.

En résumé : je souhaite de professionnaliser mes ateliers.

Prismatik : l’avenir de Ludi Vojago

Continuer la pratique des ateliers avec les Mécanicartes passe pour moi par une nouvelle aventure : la fondation d’un collectif : Prismatik !

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Prismatik représente l’envie de continuer à travailler et innover dans le jeu. C’est un collectif de 4 associés fraîchement conçu (peu après mon retour de voyage en fait…). Nous réalisons :

  • Des scénarios enquête-aventure;
  • Des animations de jeu de société;
  • Des formations en développement et Game Design;
  • …Et des ateliers de création de jeux de société.

Prismatik, c’est aussi l’envie de ne plus travailler tout seul. Malgré le soutien formidable de personnes fantastiques avant et pendant le voyage, le travail en équipe me manquait – il est difficile de tout prendre en charge. Et nous sommes souvent plus forts à plusieurs !

Et les contreparties Ulule ?

Je ne vous oublie pas ! Elles changeront juste un peu de forme. Voici donc :

  • Les cartes postales de pays non visités (Croatie, Serbie, Bosnie, Bulgarie) seront simplement envoyées plus tard, lors de mes prochains voyages (j’ai bien l’intention de faire un petit tour ludique dans ces pays).
  • Le carnet de voyage sera envoyé… quand il sera écrit ! (mais je ne vous cache pas que l’échéance semble davantage être 2017 que 2016)
  • Concernant la refabrication et envoi de prototypes au choix créés par les participants, je vous enverrai des prototypes de mon cru (hé, je suis toujours auteur de jeux…), ainsi que des exemplaires commercialisés si jamais cela se produit.

Si ces variations ne vous conviennent pas, n’hésitez pas à me contacter afin de convenir d’une solution qui vous conviendrait mieux.

 

La suite…

Même si le projet est officiellement clôturé, il reste encore quelque chose d’important : la transmission de connaissances !

En attendant la création d’un rapport de voyage clair sous format .pdf, voici déjà une “petite” conférence d’1h47 (!) résumant des éléments clés du projet…

Mais j’oubliais presque le plus important :

Merci à tous.

Merci d’avoir cru au projet et de m’avoir soutenu, de m’avoir lu, suivi, et pour beaucoup de continuer à souhaiter travailler avec moi.

Je ne vois pas Ludi Vojago comme une fin, mais plutôt comme le commencement d’une longue série d’aventures collectives où toutes les personnes désireuses de partager des expériences au travers du jeu pourront continuer d’agir.

La méthode des Mécanicartes est d’ailleurs disponible via un Wiki : http://fr.mecanicartes.wikia.com/ – n’hésitez pas à y jeter un oeil et à le compléter.

Et pour la suite, c’est par ici :

Site web de Prismatik

Facebook de Prismatik

 

Gis revido !

Aurélien

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Mécanicartes à vendre ! / Mechanicards for sale !

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(little English below)

Les Mécanicartes, l’outil que j’ai développé pour les ateliers de conception de jeux de société, sont désormais disponibles à la vente ! Un deck de 36 cartes coûte 9,35$ sans les frais de port et vous permet d’animer vos propres ateliers (exemples ici ou ).

Vous pouvez les retrouver sur Printer Studio à cette adresse

Elles sont également disponibles au téléchargement sur mon portfolio, en licence CC Attribution : vous pouvez les télécharger, les imprimer, les utiliser, mais ne pas les vendre et préciser que j’en suis le concepteur – ce qui est plutôt facile, vu que mon nom figure en dessous de chaque carte !

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I created a tool for my board game design workshops : the Mechanicards. They are now available for sale, but only in French for now ! They will be translated soon enough tho.

They are available here

Slovaquie – de la neige et du scoutisme (partie 2)

(Once again, the English version is coming later ! Please be patient 🙂 )

Après un premier article consacré à la Slovaquie, voici la suite (et fin) de cette aventure enneigée. Au programme : un atelier chez des Scouts, la visite d’un centre social et la découverte d’un jeu Polonais (!).

Des scouts et du jeu ?

L’objectif de l’atelier était de faire créer des jeux à un groupe de Scouts. Certains étaient en train de devenir animateurs scouts et cet atelier leur aurait donné un outil supplémentaire pour des animations à venir. De plus, le groupe a longtemps été avec Geoffrey (mon hôte féru de jeux de société) et ont déjà été largement initiés aux jeux de société : ils ont pu en tester beaucoup et étaient contents de pouvoir créer le leur.

C’était donc un public à la fois si proche et si différent de l’atelier du matin… Proche, parce que les participants avaient à peu près le même âge (en moyenne). Différent pour deux raisons : ils étaient davantage initiés au jeu de société grâce à Geoffrey, mais surtout ils n’étaient pas dans un cadre scolaire. Et croyez moi, la différence a été énorme !

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Et ce n’est pas qu’une histoire de bandeau…

La barrière de la langue s’est davantage faite sentir : si la plupart des scouts comprenaient un peu l’anglais, beaucoup étaient assez effrayés à l’idée de le parler et préféraient parler en Slovaque. Geoffrey faisait certes l’intermédiaire, mais alors la langue d’usage était le Slovaque, ce qui ne m’arrangeait pas pour créer un lien avec les participants ! Je pense que cette contrainte est assez naturelle, mais je n’ai pas eu l’occasion de le sentir lors des autres ateliers : soit les participants pouvaient parler sans crainte en français ou en anglais, soit le cadre scolaire les poussait à se forcer (parfois tant bien que mal). J’aurais pu me débrouiller pour dire quelques mots en Allemand, mais j’étais très démuni en Slovaque.

Autre petit bémol : nous avons passé pas mal de temps sur le jeu (et non la création) car c’était assez difficile de canaliser le groupe. Problèmes de langue, cadre non scolaire, période peu propice (beaucoup sortaient tout juste de cours !) : tout cela est finalement assez logique et pas bien grave ! Cependant, j’ai eu peur que nous ne puissions pas aller bien loin.

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Ce qui n’a pas empêché l’atelier de se dérouler !

Les Mécanicartes étaient aussi assez difficiles à appréhender. Je me suis rendu compte qu’elles n’étaient pas adaptées à tous les publics de par leurs textes parfois assez complexes. Comme quoi, on ne fait jamais assez de playtests.

Mais finalement, l’atelier s’est déroulé. Nous avons joué à différents jeux – notamment WINK que j’étais content de pouvoir sortir en atelier, l’occasion ne s’étant pas assez présentée à mon goût ces derniers temps. Puis l’analyse s’est déroulée sans grand problème. Nous avons fait très succinctement l’ajout de règles car je voulais laisser assez de temps pour la création de prototype – surtout au vu du temps un peu large que nous avons consacré au jeu. L’adaptation, il n’y a que ça de vrai !

 

 

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On n’est pas habitué à ce genre de cadre !

Au final, deux groupes ont produit deux jeux très différents. Le premier groupe incluait Geoffrey et a donné un jeu de gestion de ressources entre différentes planètes. Il leur a malheureusement été difficile de concrétiser un prototype simple de par la complexité de leur idée initiale, mais nous avons tout de même pu tester une première version !

Le second groupe a lui choisi de faire quelque chose de très différent en formalisant une variante du Chamboule tout. Plusieurs canettes sont réparties dans l’espace de jeu et un lancer de dé initial indique quelle canette doit être dégommée par le joueur. Au fur et à mesure du dégommage, les joueurs remplissent des jauges correspondant aux canettes dégommées. Le concept assez original fonctionnait bien.

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Dégommage de canettes…

 

Un après-midi dans un centre social

Le mardi était consacré à une petite visite de Lučenec. Je n’ai malheureusement pas réussi à prendre de cliché intéressant de cette petite ville – difficile de s’improviser photographe sans expérience préalable dans le domaine. “N’importe qui peut être photographe”… ben non, et surtout pas moi 🙂

L’après-midi était consacré à la visite d’un centre social. Geoffrey y avait travaillé l’an passé et avait instauré une après-midi hebdomadaire de jeux de société pour tout public. La tradition a été perpétuée, et un public effectivement varié est venu tester des jeux assez divers. J’avais pour ma part apporté Skull & Roses et 6 qui prend.

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Tous les âges – et même de la guitare derrière !

 

Ce qui a retenu mon attention, c’est que ce genre d’initiative fonctionne effectivement. Rien ne prédisposait ce centre à accueillir des jeux de société dans une petite ville comme Lučenec : pourtant l’idée a été appréciée par les gérants et perpétuée sur plus d’un an. Il suffit parfois d’une petite étincelle (et d’un porteur de projet !) pour procurer du plaisir à tous par le jeu !

 

Mysterium, mélange de Dixit et Cluedo

Lors du voyage, j’ai eu l’occasion de tester de nombreux jeux de société, de l’obscur (mais très chouette) Canterbury au très primé Camel Up !. La Slovaquie n’a pas fait exception, et Geoffrey m’a permis de tester de nombreux jeux qui m’étaient inconnus tels que Room 25 ou Le petit prince. Cependant, un jeu m’a particulièrement marqué : Mysterium.

Jeu polonais, originellement nommé Tajemnicze Domostwo et publié par Portal Games, Mysterium n’est rien de plus qu’un mélange entre Dixit et le Cluedo. Oui .

Image tirée de BoardGameGeek

Dans ce jeu coopératif, un joueur incarne le fantôme du propriétaire d’une vaste maison, assassiné il y a fort longtemps. Son tueur n’ayant jamais été identifié, l’âme errante n’est certainement pas apaisée et rend la maison inhabitable (vous avez vu Casper ?). Les autres joueurs incarnent des enquêteurs-exorcistes dont la tâche sera d’identifier les indications du fantôme dans un temps limité.

Oui mais voilà, le fantôme ne peut pas parler (vous avez suivi ? C’est un fantôme…). Il devra donc communiquer avec les enquêteurs par le biais de rêves pour leur permettre de trouver la vérité.

Le joueur-fantôme choisit une combinaison “lieu-personne-arme” pour chaque enquêteur au début de la partie. Un de ces trios est le “vrai”, mais chaque enquêteur va devoir trouver ses trois composantes pour permettre de dénouer le mystère. Pour faire deviner aux enquêteurs quelles sont ses cartes, le fantôme envoie des cartes “rêves” pleines de détails à chaque enquêteur. Aux joueurs de coopérer pour dénouer ce que le fantôme a voulu dire.

Mysterium réussit donc à utiliser finement le mécanisme de Dixit en adoucissant son problème principal (l’avantage de connaître le narrateur en amont) par sa composante coopérative. Bref, on s’est bien amusés et le jeu rejoindra certainement ma ludothèque à l’avenir…

Quel est le prochain pays ?

C’est à vous de me dire !

Il me reste encore plusieurs articles à écrire. Lequel voudriez-vous que j’attaque le premier ? Laissez moi un commentaire ou écrivez un petit mail ! Un sondage a également été mis en place sur la page Facebook.

Voici les possibilités :

– Cracovie : un atelier dans un bar de jeux de société, un jeu sur le féminisme et le marché de Noël;

– Varsovie : une semaine d’ateliers dans une école, un centre de découverte scientifique et un ludothécaire mobile passionné;

– Ljubljana : des ateliers dans l’école française, une petite capitale pleine de charme et une immense mine de mercure.

Slovaquie – de la neige et du scoutisme (partie 1)

(An English version is coming… later !)

Pour ce premier article de janvier, je vous souhaite à tous une excellente année 2015, pleine de jeux et de voyages… ou juste de bonheur ! De mon côté, beaucoup de choses sont prévues cette année sur le projet Ludi Vojago, loin d’être terminé bien au contraire.

Mais j’aurais bien l’occasion d’y revenir plus tard. Pour le moment, je vous propose plutôt de revenir sur les différentes expériences des mois passés. Aujourd’hui, faisons un petit détour par la Slovaquie.

Oui, mais où en Slovaquie ?

A Lučenec.

Vous voilà bien avancés n’est-ce pas ? N’ayant aucune connaissance particulière concernant la Slovaquie, ce fut ma réaction lorsque l’on m’a proposé de passer dans cette ville. Alors, que peut-on dire sur Lučenec ?

– Selon Wikipédia : démographiquement, Lučenec compte environ 28000 habitants, ce qui en fait la 25ème ville du pays.

– Située tout près de la frontière sud de la Slovaquie, la ville a été annexée quelques années par la Hongrie. Pourtant, il n’y a à l’heure actuelle pas de connexion de bus à cause de certaines tensions frontalières.

– La ville ne comporte pas d’universités : on y naît, on en part pour étudier ailleurs (par exemple à la ville de Banska Bystrica non loin, ou encore à Košice voire tout simplement à Bratislava), parfois on revient.

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Un environnement dans lequel je n’aurais jamais pensé passer, mais n’est-ce pas ce qui fait le charme d’un voyage ?

Pourquoi Lučenec ?

Pour la meilleure raison possible : partir à la rencontre d’une personne intéressée par mon atelier ! Grâce à la mise en relation de Thibaut Quintens (from Let’s play together), nous avons pu échanger par mail avec Geoffrey, belge, ludophile, scout et enseignant de langues à Lučenec. Intéressé par ma démarche, il m’a proposé de passer dans cette ville pour y donner deux ateliers, respectivement avec des lycéens et des scouts.

2 ateliers de 3h étaient donc prévus : l’un dans un cadre scolaire en remplacement d’un cours de langue avec des jeunes non initiés aux jeux, l’autre dans un cadre extra scolaire volontaire auprès d’adolescents déjà bien initiés au jeu par Geoffrey qui a organisé moult actions ludiques à Lučenec. Âges similaires, contraintes différentes !

Matin : 3h de cours pas comme les autres

L’atelier du matin a remplacé un cours d’anglais auprès de deux groupes d’adolescents slovaques mélangés pour l’occasion : un groupe de plutôt bon niveau et un groupe de niveau plus faible. L’occasion pour eux de pratiquer l’anglais différemment et l’occasion pour moi de pratiquer mon atelier dans un cadre linguistique un peu différent : je connais autant le slovaque qu’ils connaissent le français !

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Un autre défi se présente : jusqu’à présent, je n’ai présenté mon atelier dans un cadre scolaire à des élèves de plus de 10 ans ! L’atelier allait-il marcher avec des adolescents, public aux attentes très différentes des enfants ? Un seul moyen de le savoir : essayer.

Première heure : présentation et jeu

Au début, il est important de clarifier les choses. Geoffrey, présent lors de la journée, a brièvement introduit le contenu de l’atelier avant de me passer la main. Une petite présentation pour lever la confusion ambiante et on est partis pour jouer ! Outre l’intérêt social évident du jeu, l’objectif est aussi de disposer d’une base de travail pour la suite de l’atelier.

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Comme souvent, j’ai sorti Dobble et Zombie Dice. Les jeunes connaissaient déjà Dobble, ce que j’ai pu observer de nombreuses fois au cours du voyage – mais ne connaissaient pas Zombie Dice (ce qui est plutôt classique aussi…). On se répartit en deux groupes, Geoffrey anime Dobble, j’anime Zombie Dice, on joue un peu, on rigole on inverse les jeux, et soudain une heure est déjà passée. Hé oui, le temps passe vite quand on s’amuse.

La première pause sonne. Des élèves me demandent s’ils peuvent jouer à Zombie Dice pendant la pause. Je crois que cette première heure est un succès. Ouf !

Deuxième heure : analyse et nouvelles règles

La deuxième partie de l’atelier consiste à analyser les jeux puis inventer de nouvelles règles grâce aux Mécanicartes. Cette partie est naturellement plus ardue car sortant de la zone de confort des participants. Même quand on ne joue plus chez soi – quelles que soient les raisons ! -, on a une expérience de jeux passés, on sait ce qu’on va faire. Jouer a quelque chose de fondamentalement naturel, quelles que soient les obstacles sociaux qui soient opposés à l’acte du jeu. Mais décortiquer des jeux, en créer ? Même si on le fait toujours un peu inconsciemment, c’est une autre paire de manches de devoir le faire dans un cadre formel, surtout dans un contexte scolaire.

Cette partie a d’ailleurs été un peu plus laborieuse. Le groupe au niveau moindre a eu quelques soucis pour comprendre toutes les Mécanicartes en anglais et s’en servir pour analyser Dobble, à cause notamment de formulations un tantinet trop formel. Mais tout le monde a fini par s’en sortir, et les deux groupes ont présenté leurs trouvailles réciproques, provoquant quelques réactions et débats sur les cartes ambiguës.

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Geoffrey et moi avons un peu assisté les groupes quant à la conception de nouvelles règles. Le défi est de permettre aux groupes d’exprimer leur créativité : il ne faut pas les étouffer, mais il ne faut pas les laisser sans idées non plus en cas de blocage. Un exercice d’équilibriste intéressant qui a visiblement porté ses fruits, car les groupes ont trouvé des variantes aux jeux.

Dobble + Bluff a donné la variante “on pose une carte en disant le mauvais symbole”. Zombie Dice + Cubes a engendré l’utilisation de petits cubes pour déclencher des “pouvoirs” de relance de dés. Pas mal, malgré le déroulement un peu laborieux !

Avant la pause de la deuxième heure, j’annonce la couleur : la troisième heure sera consacrée à la création d’un prototype à part entière avec une division en 3 groupes (mélangeant les niveaux). Conséquence : après la création des groupes, certains commençaient déjà à profiter de la pause pour regarder le matériel mis à disposition et discuter du jeu qu’ils allaient faire. Ça s’annonce bien…

Troisième heure : création d’un prototype

Et nous y voilà. Trois groupes de 3 à 5 jeunes, du matériel, 45mn et une distribution de cartes progressive. Au contraire des ateliers précédents, j’ai choisi de donner les cartes une par une avec 5mn d’intervalle entre chaque cartes. Cela permet ainsi aux groupes de se focaliser sur une carte dans un premier temps et d’intégrer les contraintes progressivement.

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Et vous savez quoi ? Cette partie s’est bien mieux passée que la seconde partie. Pourtant, elle était moins cadrée : j’ai simplement donné quelques contraintes de temps (“vous avez 30mn” pour laisser du temps aux tests entre les groupes et “pensez prototype” pour permettre d’effectivement pouvoir créer quelque chose), et nous passions avec Geoffrey pour voir où en étaient les groupes. J’ai préféré ne pas passer trop de temps sur la théorie pour laisser un temps raisonnable (déjà limité) et à cause des potentiels soucis linguistiques.

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Au final, les jeunes ont créé un jeu type “jeu de l’oie” avec des cases spéciales, un jeu de parcours en duel où un joueur doit empêcher un autre d’amorcer des roquettes en retenant des codes de détonation en un temps limité, et un autre jeu de l’oie à cases spéciales. Une thématique assez “parcours” donc. Les jeunes ont ensuite du tester les jeux d’un autre groupe, puis le cours s’est terminé. J’aurais bien aimé pouvoir revenir sur les jeux produits pour les analyser, mais j’ai manqué de temps…

Bilan

Au final, l’atelier a été vécu avec un certain enthousiasme par la plupart des jeunes, en particulier lors du jeu et de la création du prototype. Les trois heures découpées par les pauses étaient un peu courtes mais le timing a été respecté. Certains jeunes ont spontanément écrit les règles de leur jeu en anglais, ce qui ajoutait un exercice linguistique écrit aux échanges oraux avec Geoffrey et moi-même.

Bref, c’était plutôt bien…

Le prochain article portera sur la deuxième partie de la journée, avec les scouts cette fois !

Après la Pologne ? | After Poland ?

[ENGLISH BELOW]

Fin novembre marque la moitié du voyage. Des ateliers ont eu lieu en France, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Slovénie… je suis en ce moment en train de me diriger vers la Slovaquie pour animer deux jours d’ateliers à Lucenec, au sud du pays. Je me dirigerai ensuite vers la Pologne, plus précisément Varsovie, où je tâcherais d’animer autant d’ateliers que possible la semaine du 8 décembre.

Mon plan était alors de rentrer en France deux semaines pour fêter Noël en famille. Il s’agit d’une tradition qui me tient à cœur et que je suis heureux de pouvoir garantir cette année encore, n’étant finalement pas si loin que ça. Paris-Varsovie, c’est 15h en voiture, une journée de bus… Ludi Vojago ne se déroule après tout pas en Nouvelle Zélande !

Les deux derniers mois de voyage sont prévus en Croatie, Bosnie, Serbie et Bulgarie, pour un séjour d’à peu près deux mois. Je prévoyais donc très logiquement de repartir début janvier. Cependant… j’ai changé d’avis.

Comment ça !?

Comme je l’avais prévu en amont du voyage, mon parcours a été beaucoup plus chaotique et beaucoup moins linéaire que mes estimations premières. Un passage en Slovaquie, des aller-retours dans différentes villes d’Autriche, un détour par Berlin… A chaque fois, il s’agissait de choix réalisés pour enrichir le voyage, que ça soit d’un point de vue des ateliers de création de jeux (d’où le détour par Lucenec, Graz…) ou personnel (je voulais vraiment voir Berlin !).

Cette fois, mon choix est de retarder mon départ pour la Croatie à mi-avril. L’itinéraire Zagreb > Sarajevo > Belgrade > Sofia est toujours d’actualité, le déroulement durera toujours environ deux mois : le départ se fera juste quelques mois plus tard que prévu !

Mais pourquoi ?

Cette décision est mûrement réfléchie et motivée par une volonté d’améliorer le rendu du voyage. Voyons un peu le détail des raisons…

Des ateliers mieux planifiés

A l’heure actuelle, je dispose de pistes assez intéressantes à exploiter à Belgrade et à Sofia, mais je n’ai pas encore établi le contact. Quant à Zagreb et Sarajevo, je n’ai aucune piste digne de ce nom. Je pensais pouvoir disposer de davantage de temps pendant mon voyage pour contacter des structures en amont : c’était une erreur. Alternativement, je pensais rencontrer du monde ayant des contacts dans ces 4 villes, ce qui s’est en partie révélé vrai : mais j’ai appris lors de mon périple que le simple contact indirect était insuffisant, et que la recherche d’une structure était un combat de tous les instants ! Enfin, j’ai compris que la technique de dernier recours consistant à organiser des ateliers sur place via Meetup, Couchsurfing etc… rencontrait vite ses limites pour un atelier tel que le mien.

En résumé, mes 3 premiers mois de voyage m’ont montré que les 2 derniers mois n’étaient pas partis pour bien se dérouler ! J’ai besoin de davantage de temps pour réussir à planifier quelque chose d’intéressant sur le dernier tronçon – autrement, je risque de me retrouver à faire du simple tourisme là-bas, ce qui n’est vraiment pas l’objectif de Ludi Vojago.

Une méthode à restructurer

L’atelier a déjà beaucoup évolué depuis début septembre. Chaque rencontre m’apporte son lot de doutes, de nouvelles idées, d’améliorations sur la façon d’animer au mieux une séance de création. Certaines cartes ont besoin d’être modifiées, je dois en rajouter d’autres et j’aimerais échanger sur sa structure avec de nombreuses personnes afin d’identifier au mieux ses apports.

Tout cela représente une certaine quantité de travail que je voudrais abattre avant d’entamer les 4 derniers lieux, et je ne trouverais pas le temps de le faire en 2 semaines, surtout pendant cette période faste qu’est la fin du mois de décembre.

Les contraintes du calendrier

Alors, pourquoi repartir mi-avril et pas avant ? Pour ne pas manquer un certains nombre d’événements intéressants et importants pour le futur de l’atelier de création de jeux de société (car l’atelier ne s’arrêtera pas avec la fin du voyage – mais j’en reparlerai le moment venu, ne gâchons pas la surprise). Voyager de début janvier à fin février avait le bon goût de ne pas me faire manquer d’événement crucial : il n’en irait pas de même avec n’importe quelle date, ne serait-ce que pour ne pas rater les Rencontres ludiques et le FIJ de Cannes.

Le climat

Mais en vérité, la justification principale réside dans le fait qu’il sera bien plus agréable d’être dans les Balkans pour le printemps que durant l’hiver… Allons, ce n’est pas vrai. Mais c’est un critère qui va dans le même sens.

Et nos contreparties !?

Elles seront toujours envoyées… mais un peu plus tard ! Un peu de patience. Les premières cartes – de la Belgique à l’Italie – sont déjà parties et les suivantes ne sauraient tarder. Les prototypes et les guides “DIY” seront enrichis par les ateliers réalisés dans les Balkans. Enfin, le résumé du voyage sera d’autant plus instructif que les 2 derniers mois auront été riches.

Et pendant 4 mois, qu’est-ce qui se passe ?

Beaucoup de choses !

Outre les recherches de structures prévues dans les balkans et l’amélioration de l’atelier, mon propre prototype de jeu de société m’attend. Je ne souhaite pas rester trop longtemps éloigné de la création et de mon activité de Game designer : quelle légitimité aurai-je alors pour proposer les ateliers ? Je souhaite pouvoir alimenter mes propos de cas concrets, et rien de tel que d’essayer de pousser un prototype à un niveau abouti pour valider ses acquis de designer.

A côté de cela, j’ai de nombreux projets pour la suite de cet atelier (hors du cadre du voyage), et je ressens le besoin d’y réfléchir aussi rapidement que possible.

Et le blog ?

Le blog continuera d’être alimenté de décembre à avril, ne serait-ce que pour partager d’autres anecdotes des 4 premiers mois ou vous parler un peu de ma recherche de structures. Alors continuez à suivre le blog et à le partager, surtout à vos amis croates, serbes, bosniaques et bulgares ! 🙂

 

ENGLISH VERSION

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Here comes the end of november, thus half of the trip. Workshops have taken place in France, Belgium, Germany, Austria, Slovenia, and I’m currently heading for Lucenec (Slovakia) to set up a couple workshops with scouts and students. Then I will continue my journey to Poland, where I shall stop in Warsaw to set up as many workshops as possible after the 8th of december.

I was then planning to come back in France for a couple weeks to be with my family for Christmas. This is a very important tradition for us and I’m glad to be able to come back this year : after all, Warsaw is not SO far away from Paris – it’s not like I’m in Auckland or Ushuaia !

Then after this break, I was supposed to end my trip in the Balkans by travelling through Croatia, Serbia, Bosnia and Bulgaria for a couple months. My plan was to start in Croatia in the beginning of january… but I actually changed my mind.

What do you mean ?

As I planned before my trip even started, my journey was way more chaotic and non-linear than my initial plan. I wasn’t supposed to go to Slovakia, I did several trips back and forward in Austria, I went to Berlin… But each detour was aiming to an improvement of the trip, may it be for the workshops (thus my trip back to Graz, to Lucenec etc…) or for myself (I really wanted to check Berlin out !).

My latest choice is to reschedule my departure to Croatia to mid-april. My plan to go from Zagreb to Sofia via Sarajevo and Belgrade is still up to date, the trip will still last about 2 months : only the departure date is changing !

But why ?

I actually put a lot a thoughts in this decision – my goal is really to improve the quality of my expericnes during the trip. Let’s browse through the details…

Better planning of the workshops

From the time being, I have several contacts in Belgrade in Sofia, though they didn’t evolve in actual opportunities. As for Zagreb and Sarajevo, I don’t have any lead at all. I thought I could use more time during my trip to contact structures before reaching the countries I’ll get into : I was wrong.

My plan B was to use my trip to meet people knowing some people in those 4 cities, which happened to be partly true : however, I learned during my trip that having indirect contacts with people was absolutely not enough – finding fit structures is a real ordeal and need constant attention ! Finally, I understood that my “last resort technique” – organizing last minute workshops with people met directly in the city via Couchsurfing, Meetup and so on – could work but was very random and sometimes barely efficient.

In short, my 3 first months of trip shew me that the 2 last months are probably not going to go smoothly ! I need more time to plan something interesting on the last chunk of the journey – otherwise I might have to stick to tourism, which is absolutely not the goal of Ludi Vojago.

A method to refresh

The workshop has already greatly changed from its initial form in September. Each person and structure I met brought me its share of doubts, upgrades and new ways of setting up workshops. Some Mechanicards need to be reworked, some has to be added and I’d like to share my thoughts about the very structure of my workshop with several people to understand as much as possible what it can actually bring to attendees.

All of this means quite a large quantity of work I’d like to tackle straight on before heading for the 4 last workshop places, and I won’t find enough time to do everything in 2 weeks – especially within this usually crazy Christmas time.

Other events going on

So, why waiting for mid-april instead of, say, mid-februray ? Because I wish to attend several important and interesting events for the future of the workshop (because, no, the workshops won’t stop with the end of the trip – but I’ll say more about this later on as I don’t want to spoil the surprise). Travelling from early january to the end of february was a good idea because I didn’t miss any significant event, especially the Fair in Cannes and the “Rencontres Ludiques” – an event about games in France.

Climate

Actually, forget all the reasons I told you – I’m actually rescheduling my trip because I want to travel during spring instead of winter.

…no, this is not true. However, it’s a rather fortunate turn of events and makes me quite happy.

How about our Ulule rewards ?

They will be sent, only later ! The first postcards – from Belgium to Italy – had already been sent and the next ones will follow eventually. The prototypes and “DIY” guides will be completed by the workshops done in the Balkans. Finally, the trip summary will be even more interesting with 2 more interesting months, right ?

What’s happenning during those next 4 months ?

A lot of stuff actually !

Apart from the structures researches in the Balkans and the workshop upgrade, my own game prototype awaits me. I wish not to be too far away from Game design : which legitimacy would I have then during my workshop ? I would like to tell people actual stories and anecdotes about design, and what’s best than working on my own project and push it as far as I can to be a legitimate designer ?

I also have my share of projects for the time after my workshop and I feel the urge of putting some thoughts in it.

And this blog ?

The blog will continue to be fed from december to april, at least to share extra anecdotes about those 4 first months of travel, or to tell you more about my structure research. So keep following and sharing the blog, especially to your friends from Croatia, Serbia, Bosnia and Bulgaria ! 🙂

Austria, land of games

Leaving Germany didn’t mean leaving german-speaking countries as my path led me to Austria. I didn’t know much about this country nowadays, especially in terms of board games creation despite the presence of a rather big publisher named Piatnik, so it was the perfect time to discover it a bit more.

My trip there started by one week of “holidays” focused on discovering cities and interesting places – I was joined by my girlfriend Stéphanie – then followed up by 4 days of workshops in Innsbruck in a structure named Die Bäckerei. I decided to summarize my board games experiences in this article then to follow up by another one focusing a bit more on the cities I passed through.

Vienna – Spielebox, the toy library organizing workshops

I didn’t plan anything else in Vienna than spending time with Stéphanie (and seeing an old friend working in virtual reality, but this will be explained later). However, our host happened to be 5mn from a big toy library named Spielebox (toy box in German) – call it fate maybe ? Anyway, we decided to take a look.

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The toy library itself has its share of games. Being refueled by Piatnik and funded by the city helps them a lot to have both old, classic games and new, trendy ones directly brought from the Spiele messe of Essen. You can also rent games for a very low price – 10cts a day.

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Looks like a nice place, right ? Yet the best part is coming now : they organize board games design workshops. A workshop lasts about 3 hours, involves material such as pawns, dices, tokens… and is animated by actual designers from Piatnik.

Sounds familiar maybe ? I was amazed and very enthusiastic to see other people actually doing workshops in a sort of similar way. I didn’t have the occasion to witness one of those workshops, but I’ll surely keep that in mind for another trip to Vienna. Anyway, I am not alone ! Long live board game design for all !

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Graz – Ludovico, board games before it was cool

Graz is a city I was looking forward to visit mostly to meet a couple of friends met years before Nowhere. They led me to Ludovico, another toy library where I could meet Arno Hofer, who has been working with board games for one hell of a long time.

Ludovico

Image taken from http://www.sunny.at/

Arno was enthusiastic with the workshops but couldn’t host them at the moment because Ludovico is organizing a games festival. Maybe another time tho. Who knows – board games is a small world after all.

Ludovico is also renting games for a cheap price and lending games to play within the structure.

Innsbruck – A board games cafe and Die Bäckerei workshops

I spent an evening in the Weli cafe in Innsbruck, a cafe with board games available for renting. Each game costs 58cts (?…) to rent. Most board games cafes I saw so far were focused on gaming, with lots of tables full of gamers pushing pawns and rolling dices, but in Weli it seems that people were more into the “cafe” part, with people joyfully drinking pints together while playing some cards or Trivial pursuit instead of the huge tabletop wargames or fun party games I’m used to see in this environnement. Don’t get me wrong, this is by no means “worse”, just different from what I’m used to !

No workshops there tho, just some playing. The workshops were supposed to take place in Die Bäckerei, cultural center, the first structure I’ve found some months ago already.

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Unfortunately, only one workshop took place there, saturday in the late afternoon. People there were mostly couchsurfers I invited myself. It seems that nobody saw that the workshops were actually planned to begin with, despite the structure sharing the info via Facebook and Twitter. Without going into details, this experienced taught me a lot about how to run a successful workshop with an open structure – let’s say more planning is necessary from my side.

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In any case, the workshop itself was interesting. The people there weren’t much hardcore gamers and couldn’t stay for more than 2 hours, so we stuck to the “analysis and upgrade” part of the workshop.

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Another article is coming soon to share my non-board games experiences of Austria with you. For now, I’m resting from a bad leg tendinitis so I don’t have much more to do anyway 😉 I should be up and ready for the next workshops :

– 19 November in Graz;

– 25 & 27 November in Ljubljana;

– 1 & 2 december in Lucenec, Slovaquia.

The city of Essen : beyond the Spiel Messe

I loved Essen. No, I don’t mean the Spiel Messe, I mean the city of Essen.

In France, most people don’t know much about this city, except board games players who know it as “the city hosting the Spiel Messe”. I guess this is probably wrong as the city hosts a lot of events in the Messe hall, so a lot of passionnate people must know various events in Essen – but I’ve hardly heard anything about the city unrelated to the Messe. This is really a shame, because the city actually has its share of interest.

This article isn’t connected to board games at all, but I felt like sharing something a little bit different.

Zollverein coal mine industry complex

The area of Essen is well known for being a former gigantic industrial area, where pretty much everything in the country was produced. The best example of this fact is the Zollverein coal mine complex. Way up in the north of the city lays this huge area of coal treatement, abandoned some decades ago but being well upkept. It’s now an UNESCO site and hosts several museums and sweet expositions, as well as large areas sometimes used by artists or party people. A big chunk of it is now a natural park with its own biome.

I took quite a few pictures, so allow me th share the experience with you…

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2h “LOL” techno parties in a Goethe Bunker

…this may need an explaination.

In the southern part of the city, there’s an old bunker. Instead of being destroyed, it was converted into a party place with a lot of techno events. Thus, it was logically renamed the Goethebunker (you know : poetry… techno…), and sometimes they hold 2 hours techno parties from 10pm to 12pm, so people can be efficient at work the day after.

 

 

Makes sense, right ?

Therefore, I went to one of these parties, and it was actually really fun and worth it. It also seems that Essen has a great underground techno scene, which was obviously something I didn’t know so well.

 

Unperfekthaus, the place where I should’ve done workshops

I’m really happy to know that this kind of place exists for my next time in Essen. Unperfekthaus is a place with… stuff. A lot of artists have their workshops there and rent it to be able to sell their crafts. You can visit the workplaces and often watch the artists work. You can also come here and enjoy the “Sofa internet” space, or maybe take part in a free workshop given by various kind of people. Or you can just come in to have a drink with the free-soda-machine.

It is very hard to describe proprely this place without any pictures, but I didn’t have my camera. Still, if you pop in Essen and are interested in… pretty much anything, be sure to take a look at the Unperfekthaus.

 

Lichtwochen, a light festival

For some unknown reason, each year in Essen takes place a big light festival dedicated to a country of the European Union. I believe this year is dedicated to Belgium. Last year was Sweden.

 

Also, the area is really big, with several cities around such as Bochum, Duisburg, Dusseldorf… and the cities are so close, you can actually reach them with the S-Bahn in a matter of minutes. So if Essen is not enough for you, chances are that there might be something going on in the neighbour cities.

 

Feel free to keep that in mind next time you’re heading to Essen for the Spiel Messe 😉

Workshops in the Spiel Messe : how did it work ?

I will leave Germany tomorrow after almost 3 weeks spent in the country. The first thing to notice is that I’ve drastically improved my German language skills : I’m now able to buy bread AND understand how much it costs, which is a feat I’m pretty sure my German school teachers would be pretty impressed of considering my skills back then. Also, please take notice that “Schmetterling” is actually quite a nice word to say when you don’t try to imitate some atrocious German-speaking Austrian dictator that I will never mention again in this blog.

But let’s come back to Ludi Vojago. I spent some days in Erlangen then in München where I did a single workshop, due to a mixture of bad preparation, failure to find some structures in the city from one day to the following day… but most importantly, I wanted to prepare some last things for the Spiel Messe in Essen. So you could say I “sacrificed” Munich for Essen !

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Organizing the fair with no ressources

It was quite challenging to set up a stand with almost nothing. I’m just travelling with a few used board games, my Mechanicards, some material from Tout pour le jeu… as much as I could carry with my trusty bags.

Problem is, a stand needs tables & chairs. Hopefully, Olivier, a friend from Besancon, managed to bring me 2 tables & 5 chairs. I planned to do workshops with 8 people, so I also managed to borrow 2 extra chairs from a Couchsurfer who hosted me on monday & tuesday (thank you so much, Christoph !).

I also had no decoration, and no time nor money to make/buy anything decent, mostly in this fair full of fancy stuff. Hopefully, my workshops are using cardboard & thick pencils and there were plenty of free cardboard here and there due to shops unpacking their games, so I took a pile and created something.

At the end, my stand was… scrappy and random, but still up to the task ! I was ready… but not really for what would come.

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The failure

The plan was to organize quick board game prototyping workshops. 2h per workshop, everything free, I bring the material and I guide people so they can create a little prototype.

Let me get this straight : I did a smashing total of zero workshops.

There’s no point lying here. The goal of this blog is not to tell you guys how awesome and successful this project is : the goal is to tell you how this workshop project goes, whether it’s a success or a failure.

I had great expectations from the Messe. Despite being my first time in this humongous fair, I felt like a lot of people here would be interested in creating games. Actually, I still believe it is the case. However, I see 3 main reasons in this disaster :

1) The stand was unclear and in the dreadful hall 4

As you have seen, my booth was not really appealing. Nobody said it, but I think I saw some “wtf 😀 !?” expressions in the eyes of various people passing by, which is unsurprising. It was really difficult to explain what the hell was going on just by looking at the stand, and only brave or curious people could know more by asking me directly. Many had to choose between spending some time in warm and friendly stands with plenty of games and carpets on one side, and a dull, cardboard made shady stand in another side. It makes sense.

Plus, I was located in the Hall 4. This hall was open for the first time this year (the Messe usually takes the halls 1, 2, 3 and Gallerie), was after the Gallerie and not many people knew about it, plus most of the exhibitors here were indie creators, small publishers and weird conceptual stands. In addition, several exhibitors moved from this hall to another during the exhibition to save themselves from this unfriendly place, so the more time passed, the more sinister the place looked.

I really hope that next year, the Spiele Messe organizers would actually brand it as the “indie hall” to at least bring some people interested by new and fresh experiences.

2) Nobody knew about those workshops

This is an even bigger issue. Obviously, in a fair where Reiner Knizia was presenting his new games, where Asmodee had a stand of the size of the whole Hall 4, where the illustrator of Ticket to ride was signing copies, nobody knew much about Aurelien Lefrancois, perfectly unknown designer going for an uncommon project.

Also, the workshops were absolutely not mentionned in any program except the one for exhibitors (which made no sense), so I had to manage to bring people by myself & via my stand (see issue 1) ).

Plus, I must admit I should’ve put more effort in online communication before hand via Trictrac or Board games geek, but I hardly found the time to do this. Meh.

3) People are not here for that

Perhaps the main reason is here.

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The Spiel Messe is a place with a ton of new games, as well as free games to play, and more importantly rare and cheap games to be bought in A LOT of stores. This is why people come here : to play and to buy games – which actually makes sense, right ?

So, I don’t see anybody who would be eager to spend two precious hours in creating a prototype when they could test so many more games. Especially when people had to pay for the entrance. It’s actually something that makes a lot of sense for me now.

 

Also, I was alone on my stand, so I couldn’t move as much as I would, which was a bit frustrating for me – but I knew that already. I just have to make sure that I’ll have an accomplice the next time.

 

But still…

It would be unfair to say that nothing turned out well tho. Despite the lack of workshops, the fair was a very interesting experience for me on several points.

1) New opportunities

I met a crazy lot of people there. I actually bought a new scrapbook to note every contact I made here and filled up 5 or 6 pages. A lot of these people were seemingly interested by the project and the workshops and invited me in new places I wouldn’t even dream of beforehand. I don’t know yet how much will actually be of any use, but it was at least very enlightening and made my fair.

2) Rethinking my next stands

Essen was actually only my second time holding a stand for my project. I did it several times before with another association, but the stakes were relatively different. My first time was in the fair Play with meuh, the 1st edition of a fair in Besancon, a relatively small city in France, so I thought the lack of workshops there was due to the size of the event. However, the Spiele Messe is the biggest board games fair IN THE WORLD, so I will never think that again.

The next time I’ll hold a stand in any fair – if the case happens – I’ll do it completely differently, with no actual workshops but just some 1st part (analyze & upgrade a game) and a deeper presentation of the project & workshops.

3) My first Spiel Messe !

This event is really legendary in the small world of games, so I’m really glad I could make it. My first time was a really intense one and I think I got a better grasp of what’s actually going on there, which will probably be useful for the next times.

 

What now ?

The trip continues ! I’m now heading for Austria for 2 weeks, where I hope to set up workshops in Innsbruck and Graz. As usual, if you know people interested by workshops in the area, feel free to contact me !

Next workshops : Essen, spieletage

I’ve been in Germany for one week now, and as you can see, I didn’t find the occasion to write anything about it, which means it has been quite intense. The good part is, I had great experiences I want to share, the not so good part is, you’ll have to wait a bit before I can share them !

For now, I have another week of workshops incoming at the Spiele messe at Essen, where I arrived yesterday.

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This fair is basically the largest one in Europe, so it will be quite a busy time. Still, just come and say hi or create a game !

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Brussels, part 2 – workshopping hard

My week in Brussels was insanely intense. I described the first workshop more than a week ago, so it’s time to tell you more about the remaining workshops.

Wednesday 24th – HEB Defré “Game science and technics”

Like most of the workshops given this week, this one was given during the evening. It took place in the Games library of a school in Uccel, in the suburbean-like area of Brussels. Every wednesday, the Game library is open to public, so some people coming every week or so have heard of the workshop and came to create a game.

But most of the attendees were students in a 1 year game technics cursus. They want to be able to use games in their job, create games, open public game librairies or board game cafes, but whatever their final goal might be, they were really looking forward to create a prototype.

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Of course, this very particular context pressurized me a bit. Those people are going to be professionals in the field of game (when they are not already), they have a large game culture and game design exigence. This workshop was actually a course !

But fortunately, everything went smoothly. I brought 2 sets of Mechanicards, as well as 2 Dobble and 2 Zombie dice games, so the workshop could take place with 2 groups. Each group played Dobble, then analyzed it, then added some Bluff, then the same operation was repeated with Zombie dice (and Cubes instead of Bluff). Once everybody finished an analysis or a card inclusion, one group presented his work to the other to confront it.

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Mostly due to a large break time, I didn’t manage my timing proprely, so everybody had a minimum amount of time to create the actual prototypes – about 45mn after I gave cards and tips. So I had to make it up by defining the remaining time precisely : each group had 20mn to brainstorm, 20mn to create a prototype and then 5mn to switch tables so other people could test their game. The theme was “Harpist”.

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This was quite an interesting exercise tho. Instead of creating a whole game, the workshop attendees had to create a small gameplay element.

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The games may be reworked afterwards during the formation, which makes the workshop more useful !

 

Thursday 25th – La Table – Food & Games

For starters, La Table is an amazing place. The title says it all : La Table Food & Games is a restaurant fully packed with very diverse board gams, so you can come, have a drink, eat something, play, meet new players, mix everything and have fun. Sounds great ? It is.

The workshop started with 5 people and ended up with 2 people once the actual game creation part started. However, this wasn’t a problem at all. The 5 attendees were regular players, so the analysis & rules addition part was done in a breeze.

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As for the game creation itself, I gave the theme “Shadow play”. The cards were “Board”, “Material placement” and the dreadful “General knowledge”, which was quickly cast away by the attendees !

We had enough time to test the prototype 2 times. The second time, I played myself with another player not involved in the prototyping session. Our game lasted 30mn and was quite exciting. I really think this game can lead to something interesting.

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It consists of a symetrical squared board with larger squares inside. Each player starts with 3 pawns on one side of the board. There is also a “Sun” on the middle of the board. Each player plays turn by turn. A turn consists of 2 actions :

– Moving a pawn (if it’s possible);

– Moving the Sun (not mandatory).

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You can move the sun on any side or corner of the board. Sun cast shades : when comes the time to move a pawn, you can’t do it if the pawn is in the “shade” of another pawn. So if the sun is on the right side of the board, and my pawn is on the left of another pawn, I can’t move it.

This simple yet tricky concept is very satisfying to play and I’m very thrilled to see what emerged from this workshop.

 

Friday 26th (day) – Helmet institute – Schaerbeek

This workshop started at 8:30 am and finished at 3:20pm with several breaks in between. The breaks were mandatory because the workshop took place in a school with 23 children from 8 to 9 years old.

Yep.

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I couldn’t take much pictures of the workshop for right issues (you know… children). I was invited by the teacher, Bénédicte, and the children already played some games the weeks (and years) before, so felt somehow easy with games. Still, they were 8-9 years old, so I obviously had to set up a very special workshop, which was at the same time very exciting and very challenging.

We spent more time playing games, this time 3 of them : Dobble, Zombie Dice and Wink. We divided the room in 3 sets of tables so the children could play one game and then change table. Once they played every game, a guided session of game analysis took place with 3 sets of Mechanicards (I removed some hard cards before, such as “Narration”, “Draft”…). We helped them of course, but the results were quite interesting and accurate.

Of course, explaining why Zombie dice was a game using Calculations (“So, you have dices, and you can calculate the probabilit–wait…”) or what the hell is “Logic” was rather challenging, but at the same time interesting I guess.

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Afterwards, I gave each child a secret card, and their challenge was to trade it with another child if he didn’t like it. So basically, 23 children were running in a classroom with Mechanicards, saying “I want your Dice card, do you want my Cooperation card ?”. Fun.

We then noted whom child had which card, went to lunch break and created not-so-random groups of 3 children. Then the creation started.

I didn’t even try to tell them not to take too much care of the visual of their game as it’s so very, very satisfying to create something fancy when you are 8 years old. For the first part of the prototyping session, we asked the children not to take any game material (except paper and pens) so they could focus on brainstorming (!). They struggled a bit in the beginning, but after we guided them a bit, they were ready to go.

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I couldn’t focus enough to remember precisely all the games they created. So, yeah, most of them created Snake and ladders games or variations of Memory games for what it matters. However, some very interesting ideas came out when we tried to ask them questions such as “so, how do you play your game ?”. We had some time to have them test games created by other children, so they had to explain games to other children, which was quite difficult… and instructive.

This workshop changed the way I’m seeing the Mechanicards method. I think the approch has a lot of hidden potential I absolutely didn’t have in mind when I created them, and I’m very happy to see that they can be used in such an educative way. I’m looking forward to see how they are going to be used by the structures to which I leave a set of cards.

 

Friday 26th (evening) – Let’s play together

Remember Let’s play together ? This awesome association, organizing various events around Brusseld based on board games, asked me to do a “VIP workshop” during the evening. As I’m leaving a set of cards to them, we took some time to analyze the tool and see what could be improved.

The workshop itself was quite shorter, but as most people here were already familiar with Game design, the concepts created were quite interesting. The theme, given by somebody on Facebook (follow the page if you want to propose another theme later on !), was “Atoms”.

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The first game created was based on atoms crafting. Each player starts with several random atoms, and the goal of the game is to create a precise chemical formula (HBrCl). Each turn, a player can activate his first or last atom to make it interact with another atom in the middle or possessed by another player.

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The interactions between atoms is defined by an interaction grid. Due to the lack of time, we couldn’t test it enough times to simplify it a bit, so it was quite experimental.

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The second game was based on memorization. You have to create an atom balanced between positive charges, negative charges and neutrinos. There’s a 3 pile of cards (protons, electrons, neutrinos), you can see each pile one time at the beginning of the game, then you have to memorize them. One pile is set on the middle and people have to bet points to define the card picking order.